Maman, une histoire !

Challenge Ecriture #39 – 24.11.2020

Challenge d'écriture de Marie Kléber
Challenge d’écriture de Marie Kléber

Pour la semaine prochaine, je vous invite à écrire un texte en lien avec ce titre de livre (en espérant que vous ne l’avez pas lu!) : La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel (2015 – Romain Puértolas)

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Allez maman, une histoire !
Il est tard mon chéri, il faut faire dodo maintenant.
Non, une histoire, une histoire, je veux une histoire !
Bon d’accord mais pas longtemps.
Ouais !
Tu veux laquelle ?
La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel !
Encore !
Oui, c’est ma préférée, allez maman, lis !

Tu es prêt ?
Oui !
C’était les vacances de Noël et les parents de Nadine avaient décidé de partir à la rencontre du père Noël, dans son pays, loin, très loin de la planète Terre. Il fallait des années lumière pour arriver là-bas mais comme le père Noël est aussi magicien, si quelqu’un voulait venir lui rendre visite, il suffisait de lui envoyer un mail et il se réunissait avec tous les lutins et les rênes pour accélérer tellement le temps qu’une journée permettait de le rejoindre.
Maman, lis quand Nadine rencontre le père Noël !
Mais c’est à la fin.
Oui mais c’est ça que je veux, allez s’il te plaît ma mamounette !

Tu habites où joli petite Nadine ?
Nadine n’arrivait pas à parler, sa bouche restait grand ouverte et était aussi ronde que ses yeux. Elle était avec le père Noël, le vrai !
Il rigolait en la regardant et les parents étaient heureux d’avoir fait ce joli cadeau à leur petite fille.
Oh oh Nadine, si tu continues à garder la bouche comme ça, un nuage va entrer dedans…

La mère de Lucas ferme le livre et l’embrasse sur le front puis elle éteint la veilleuse et referme la porte de la chambre.

L’objet magique

Photo du texte que j'ai écrit pour un groupe d'écriture.
Participation

‘Essayez-le madame, vous verrez, c’est incroyable, c’est pas cher, seulement dix euros.’
‘Mais qu’est-ce qu’il fait ce truc ?’
‘Faites-moi confiance, je ne peux pas vous en dire plus car ça dépend des besoins de chacun.’
Dix euros, effectivement, ce n’est pas trop cher et au lieu de manger plein de chocolats aujourd’hui, je vais me laisser tenter par cette offre. ‘Allez, je le prends !’
Arrivée chez moi, je mets le sac sur mon bureau, je m’assieds et je le fixe durant plusieurs secondes avant de me décider à ouvrir le paquet. C’est une petite boîte en plastique rigide, opaque. Je sors un petit cube qui fait la moitié de l’emballage. Il est en métal. À peine mis dans ma main, l’objet fond et disparaît sous ma peau… je suis prise de panique, je crie, je secoue ma main et la frotte comme pour retirer l’intrus. Puis je me sens fatiguée, très fatiguée, je me couche sur le sol… une voix m’appelle, m’exhorte à parler et je m’exécute : ‘Mes amis, je suis heureuse d’être parmi vous, je viens d’arriver sur votre planète alors soyez indulgents si je fais quelques erreurs car je ne connais pas encore vos coutumes.’ Quelqu’un me tire par la manche et m’amène dans les coulisses du théâtre : ‘il faut leur dire que tu es leur chef.’ Moi, chef mais de quoi ?
Je reviens devant eux et je leur dis que je suis leur chef et en moins de deux, me voici encerclée par une foule en délire, je suis soulevée dans les airs et me retrouve suspendue à un lustre. Sous mon poids, il se décroche et je passe de bras en bras puis je suis piétinée et j’entends : ‘Sorcière, on ne veut pas de chef !’ J’étouffe…
Lorsque je reviens à moi, je suis allongée sur le sol de mon salon et j’entends à la radio : ‘…cette nouvelle planète est peut-être celle qui va sauver l’humanité, nous faisons appel aux volontaires mais sachez qu’à votre retour, il se peut que vous ne soyez plus tout à fait pareil.’ Un peu sonnée, je me relève. J’ai l’impression qu’il vient de se passer quelque chose… tout à coup, j’entends crier derrière moi, je me retourne et vois une femme brandissant un couteau en tendant les bras vers moi : ‘qui êtes-vous, que faites-vous ici, n’approchez pas !’ ‘Aline, c’est moi’ ‘Je ne vous connais pas.’
‘Aline, je suis ta mère’… ‘Vous n’êtes pas ma mère!’ ‘Tu es née le 07 juillet à Nantes, tu as 18 ans, tu…’
‘Ok, ok, mais vous n’êtes pas ma mère, vous ne lui ressemblez pas’
‘Donne-moi un miroir’…
Je ne suis plus moi, je ne me ressemble plus effectivement, c’est une histoire de fous…
‘Attendez, mais je vous connais madame, vous êtes Hélène Lami !
‘ Moi, Hélène Lami, mon idole, l’écrivain la plus populaire de ces dix dernières années, moi, Hélène Lami !… Ce petit bout de métal m’a fait devenir Hélène Lami donc, grâce à lui, j’ai réalisé mon rêve d’être écrivain !
Que m’avait dit le vendeur déjà ? ‘Faites-moi confiance, je ne peux pas vous en dire plus car ça dépend des besoins de chacun.’

Maude

Challenge Écriture #38 – 17.11.2020

Challenge d'écriture de Marie Kléber
Challenge d’écriture de Marie Kléber

Pour la semaine prochaine (#38), je vous invite à écrire un texte qui comportera la phrase suivante au milieu de votre récit: “avec mes lunettes à double foyer, j’avais une vision de cul de bouteille”. A vous de jouer!

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Il fallait que je sois très jolie aujourd’hui car Maude était revenue en ville et il était hors de question qu’elle me pique Dan, cette chipie. Il suffisait qu’une nana soit en couple pour qu’elle sème la zizanie et sorte le grand jeu. Principalement lorsqu’il s’agissait de moi. C’était comme ça depuis qu’on était enfant, à chaque fois que j’avais un truc, elle le voulait.
Le rendez-vous était fixé à quatorze heures, dans notre salle de jeu préférée. Nous étions déjà là, Dan et moi. Nadine et Jean étaient arrivés un quart d’heure après et Christine venait de me téléphoner pour dire qu’elle cherchait une place au parking.
Une demi-heure plus tard, lorsque la porte s’est ouverte et qu’elle est apparue, j’ai senti que je n’avais aucun souci à me faire pour Dan. Ce n’était plus la belle brunette sexy de l’année dernière. Plus de maquillage, plus de décolleté plongeant, ni de mini-jupe ou de talons aiguilles. Une queue de cheval de travers, des boutons en guise de maquillage et une robe déformée par la grossesse.
Bon, avec ce tableau, je pouvais reprendre mon souffle. J’étais même allée jusqu’à porter des lentilles pour être vraiment sous mon meilleur jour et surtout pour garder mon mec… bah oui, avec mes lunettes à double foyer, j’avais une vision de cul de bouteille.

Mémé

Challenge Écriture #37 – 10.11.2020

Challenge d'écriture de Marie Kléber.
Challenge d’écriture de Marie Kléber

Pour la semaine prochaine (#37), je vous invite à écrire un texte à partir des mots suivants : radoter, célèbre, agriculture, cirage, limonade, potion, essai.

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La pauvre vieille passait son temps à radoter depuis la mort de tous ses proches, il y avait déjà plusieurs années. Elle répétait inlassablement les histoires d’antan, parfois en rigolant, parfois en pleurant ou même en se mettant en colère. Dans ces moments-là, la seule âme vivante autour d’elle s’échappait, la queue entre les jambes et prenait abri dans sa niche.
‘Complètement dans le cirage‘ disait quelques voisins qui la croisait de temps en temps dans les champs. Sa folie plus ou moins douce la rendait célèbre aux alentours.
Dans les périodes d’agriculture intense, quelque commis de la ferme d’à côté lui apportait des légumes pour faire la soupe, seul mets qu’elle pouvait encore déguster, ses chicots s’étant aussi fait la malle.
Elle insistait pour lui offrir une limonade et durant une heure, le pauvre bougre était forcé d’écouter ses litanies et, après plusieurs essais infructueux, parvenait enfin à s’enfuir jusqu’à la prochaine récolte. Elle rangeait alors sa potion citronnée qui attendrait le futur livreur.

La petite histoire dans la grande

Challenge Écriture 2020 – #30 (01.09.2020)

Challenge écriture de Marie Kléber
Challenge écriture de Marie Kléber

Je vous invite à composer un texte à partir du titre des cinq derniers livres que vous avez lus, en intégrant ces titres dans votre texte. Qu’en pensez-vous?

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Depuis plusieurs jours, je tournais et retournais cette question dans ma tête : y a-t-il une erreur qu’ils n’ont pas commise ? En tout cas, je voulais m’en persuader parce que sinon, ce sont des génies de la loose ou de l’incompétence, voire de la méchanceté.
Mais enfin, cher Kaiser Karl, tu m’avais pourtant dit que tout était sous contrôle, qu’il n’y aurait aucun problème et que tout le monde s’en sortirait indemne ! Ah bravo monsieur le visionnaire !
Maintenant, il ne me restait qu’une possibilité que je me répétais tel un mantra : Avance ! Avance ! Coûte que coûte !
J’avais préparé ma valise avec le minimum nécessaire et j’avais laissé tout le reste au bon vouloir de ceux qui viendraient piller.
Sans un regard sur cette partie de vie qui ne serait bientôt plus qu’un souvenir, j’ai remonté le sentier qui menait sur la grand-route.
Comme en écriture automatique, dans mon esprit, je formais les lettres de ton nom. Pourvu que tu ne sois pas encore parti. Il y a encore quelques semaines, tu me disais que tu m’attendrais lorsque je me serais débarrassée de mes chaînes. Mon cher, si tu crois que se libérer du complexe de Cendrillon se fait d’un coup de baguette magique, tu crois au père Noël !

30+30=30

Challenge Écriture 2020 – #29 (25.08.2020)

Challenge écriture de Marie Kléber
Challenge écriture de Marie Kléber

Pour la semaine prochaine, on va recommencer léger, je vous propose d’écrire un texte à partir de cette citation de Coluche “Quand j’étais petit à la maison, le plus dur c’était la fin du mois… Surtout les trente derniers jours !”

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Oui, les trente derniers jours parce que les trente premiers, c’était parfait, ça roulait, je veux dire les pièces d’or roulaient, elle roulaient tellement qu’elles arrivaient direct dans ma tirelire cochon qui a du faire des petits du coup. Et puis, venait la catastrophe, papa partait les trente derniers jours chez sa seconde femme, et maman était au courant, et il emmenait l’argent avec lui, il laissait juste à maman de quoi acheter quelques paquets de pâtes et du beurre. J’aurais pu casser mes cochons mais j’avais un plan : quand je serai grand, j’achèterai un château à maman, elle pourra vivre comme une reine, elle aura plein de belles robes et elle sera toujours heureuse. Alors, mes cochons restaient bien cachés sous mon lit.

Ça fait trente ans que je ne suis plus petit et maman n’a pas eu son château, elle est partie au paradis, parce que c’est sûr qu’elle est là-bas, avec tout ce que mon père lui a fait, c’est une sainte.
Et moi, je sais maintenant qu’il n’y a que trente jours par mois et qu’on s’est fait avoir.
Comprendra qui pourra, moi-même je suis perdu dans tout ça.

Cette année-là

Challenge Écriture 2020 – #27 (21.07.2020)

Challenge écriture de Marie Kléber
Challenge écriture de Marie Kléber
Photo pour le challenge de Marie Kléber
Pour la semaine prochaine, on va créer un texte à partir des trois éléments

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Chaque seconde, des cellules et des bactéries s’amalgament et forment la suprême beauté d’un organisme vivant que l’on nomme l’humain ! Ce splendide spécimen… qui construit et détruit… se détruit… Et parmi toutes ces splendeurs déjà là et à venir, mon tour est arrivé… Au compteur : 1965. Certainement l’une des meilleures années. En toute objectivité (euh, vraiment ?).
J’ai reçu en cadeau, il y a quelques temps, le journal de mon année de naissance qui retrace les évènements majeurs survenus : la mort de Churchill et celle du prix Nobel de littérature Eliot, la naissance de la princesse Stéphanie de Monaco (vous voyez, quand je disais que c’est une excellente année, une princesse peuchère !), la sonde soviétique qui fut la première à se poser sur la lune, l’indépendance de la Gambie, etc. Sans oublier, parmi tout ça, moi ! Petite chose, enfin un mètre soixante dix-sept maintenant quand même !
En revanche, je n’ai pas de photos retraçant mon empreinte terrestre. Ça prendrait de la place dans la maison, c’est bien assez suffisant dans l’esprit.
Tels des confettis propulsés, les spermatozoïdes ont fait la course de papa vers maman et le vainqueur m’a désigné ! Roulement de tambour…
Mais j’y pense, il n’existe pas de journal de l’année de sa mort… On pourrait le feuilleter de là-haut ou de là-bas, enfin de l’autre côté quoi !

Odoriférante

Challenge Écriture 2020 – #26 (07.07.2020)

Challenge écriture de Marie Kléber
Challenge écriture de Marie Kléber

Vous allez choisir un parfum, que vous appréciez ou pas. Vous pouvez aussi, si vous le souhaitez en inventer un. Et vous allez écrire un texte en lien avec cette odeur. Qu’est-ce qu’elle vous fait ressentir? Qu’est-ce qu’elle vous dit? Qu’est-ce qu’elle vous rappelle? Ça peut-être in texte personnel ou de la fiction, c’est vous qui choisissez! A vos plumes et rendez-vous mardi prochain!

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La menthe poivrée, comme je l’aime ! Je peux m’en imprégner les narines et même le palais pour plus d’intensité. Elle m’emmène au pays de la fraicheur vive, de l’oxygène végétal, du chocolat. Avec une goutte. Une seule. Elle déploie tout son arôme avec force de caractère. Elle m’apaise et me remet les pieds sur terre et la tête sur un coussin nuageux. Elle m’enveloppe dans une bulle opulente de légèreté. En huile essentielle. En feuilles. En tisane. Pour le bonheur de l’esprit et du corps. Les souvenirs d’enfance avec les bonbons qui piquaient les yeux tant elle emplissait la bouche. Le bon thé à la menthe qui redonne du tonus. Toujours un petit flacon à portée de main. Parfum d’ambiance. Parfum de peau. Parfum de bouche. Parfum de mets. Fiole d’énergie en pur plaisir, selon le désir. Voici, en quelques mots, la menthe poivrée, comme je l’aime.

La fuite

Challenge Écriture 2020 – #25 (30.06.2020)

Challenge d'écriture de maire Kléber
Challenge d’écriture

Pour la semaine prochaine, je vous propose d’écrire un texte qui doit commencer par la phrase suivante: “J’ai entendu sa voix et elle m’a ramenée des années en arrière” et se terminer par: “Je ne pouvais pas faire ça à Julie.”

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J’ai entendu sa voix et elle m’a ramené des années en arrière. Ces années où tout semblait si simple, si naturel, si… banal même. Il suffisait d’obéir, de s’amuser, rire, se laisser câliner, se laisser conduire. Aimer et être aimé. Tout n’avait pas été forcément rose, les pleurs avaient aussi eu leur place mais cela avait été tout de même une époque, dans son ensemble, plutôt sympathique. En tout cas, je veux m’en souvenir ainsi.
Ce bonjour suivi de mon prénom, a envahi mon corps d’un doux frisson et malgré la chaleur étouffante de ce jour d’été, un air frais a soufflé sur mon visage. Elle était là ! Je me suis retournée d’un bloc et j’ai couru dans ses bras. Qu’il était bon de sentir sa peau sur la mienne, d’entendre son rire en cascade et de la regarder ! Ma mère était enfin avec moi ! Nous avons passé tout l’après-midi à nous raconter, à nous embrasser, à rire, à pleurer aussi. Je voulais tout savoir, elle voulait tout savoir. Les années d’absence entre nous n’avaient pas effacé notre amour mutuel. Mère et fille pour la vie. Elle était partie lorsque j’avais dix ans, elle avait suivi son amour de jeunesse en m’assurant qu’elle reviendrait régulièrement, qu’elle ne pouvait pas m’emmener vivre dans la jungle avec elle. Effectivement, elle était venue régulièrement malgré la distance. Mon père avait accepté son départ, il l’aimait tellement qu’il préférait la savoir heureuse, même loin de lui. Puis elle était revenue vivre avec nous un an plus tard, comme si elle était partie la veille acheter du pain. Ni mon père ni moi n’avions posé de questions. Elle était là et c’était formidable. À ma majorité, j’ai rencontré l’amour de ma vie et je suis partie dans son pays. Loin de mes parents. J’ai fait comme ma mère. Le schéma se reproduisait. En sens inverse. Cette fois-ci, ce fut le drame. Elle a pleuré toutes les larmes de son corps, j’avais l’impression qu’elle revivait son propre éloignement. Elle ne voulait pas venir nous voir. C’était le pays de sa fuite et elle ne pouvait plus y retourner. Trop de souvenir disait-elle. Je ne pouvais pas venir de mon côté car nous avions beaucoup trop de travail, il fallait que notre projet soit en bonne santé avant. Alors, nous nous sommes connectées le plus possible. Puis mon père est décédé et ma mère me disait qu’elle allait venir un jour. Cela faisait des mois qu’elle me disait ça. Et aujourd’hui, elle est là. Elle est là à me raconter qu’il y a douze ans, lorsqu’elle est partie, elle savait que mon père avait une maîtresse depuis des mois et qu’elle s’était vengée en partant avec un autre pour qu’il souffre autant qu’elle souffrait. Mais qu’elle avait souffert peut-être bien plus, et doublement, car elle m’avait laissé, moi sa fille et elle ne se le pardonnerait jamais. Je découvre combien mes parents s’étaient aimés avec passion malgré ces épisodes.
« Alors, lorsque ton père est mort, j’ai voulu le rejoindre… puis je me suis dit que je ne pouvais pas faire ça à Julie ».
Julie, c’est moi.

Bienvenue !

Challenge Écriture 2020 – #24 (23.06.2020)

Challenge d'écriture
Challenge d’écriture

Pour la semaine prochaine, j’ai envie de légèreté, j’en ai besoin en ce moment. Du coup, pas de règles, pas de thème, un seul mot d’ordre, faites moi / faites-nous rire! Au plaisir de vous lire.

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Allez, allez, entrez mesdames et messieurs, venez voir les clowns avec leur gros nez rouge et leur pantalon trop court, avec leurs pieds comme des palmes et leurs cheveux de trois mètres de hauteur ! Venez rire avec eux ! Pour petits et grands ! Bienvenue ! Seulement trois euros pour s’amuser ! Venez, on vous attend !
Le petit bonhomme s’époumonait devant la baraque à frites, en sautant comme un diable pour attirer l’attention des badauds, qui passaient presque en courant, les mains dans les poches et le visage dans leur écharpe. Alors, au bout d’une demi-heure, la moitié du chapiteau était rempli. il faisait bon à l’intérieur, le pop-corn et la barbe à papa amenaient des effluves sucrés. La musique joyeuse apportait à nouveau le sourire et chacun attendait bien sagement le début de la représentation.
Soudain, la pénombre se fit et le roulement de tambour retint le souffle. Une cohorte de clowns multicolores et bruyants déboulaient sur la piste en roulades et cascades diverses. Les gags s’enchaînaient : le coussin péteur, la bousculade qui empêchait de se relever, les perruques qui dévoilaient un crane chauve, les pantalons qui se déchiraient sur le popotin ou qui tombaient sur les genoux. Le public riait aux éclats comme si l’air était saturé de poivre hilarant. Une heure, deux heures ou plus, le temps n’avait plus de notion.
« Mais pourquoi ris-tu comme ça ? Qu’est-ce qui t’arrive ? Il n’y a pourtant rien de drôle, ce film est tellement triste ! »
« C’est la petite fille avec sa marionnette et ses frites qui m’a fait penser à l’histoire que je suis en train d’écrire. Tu sais que j’ai bientôt fini mon bouquin ? »
« Laisse-moi pleurer tranquille ! »
« Pleure, pleure, je vais continuer à écrire mon histoire. »