Y arriver… ou pas

Esquisse au feutre et fond de couleur mis via Photoshop.
Cellules agglomérées

54 ans au compteur. Je ne pensais pas que ça irait si vite, j’ai l’impression, d’un seul coup, que j’ai fait un bond dans le futur… Il y a trente ans, j’étais enceinte, jeune. Si j’avais su que trente ans plus tard, je vivrai dans un 20 m², sans qualification professionnelle ou presque, dans quasi la même situation mais cette fois-ci seule et un avenir restreint… Ce dont je suis certaine, c’est de mourir un jour et… bah c’est tout. Je pense que notre liberté ne sera bientôt plus qu’un souvenir, que l’économie pour les pauvres, dont je fais partie, va continuer sa dégringolade. Un jour, je suis au taquet, persuadée d’arriver à vivre de ma passion car une solution va forcément éclore et un autre jour, je suis défaitiste et démotivée. Comme aujourd’hui. À quoi bon se leurrer, se bercer d’une douce et rassurante illusion ? Les sirènes du saboteur déboulent, pied au plancher… Je m’abreuve dans les expériences d’autrui, plus ou moins florissantes, je détourne mon attention de ma petite personne, à l’affût d’un embryon de renouveau… Il m’arrive d’espérer aller me coucher et faire une longue nuit…
Sans tempérament combatif et sans réseau, faut pas rêver. Enfin si, faut rêver, puisqu’il n’y a que ça…

Et vous, comment ça va ?

Le moucheron

Le moucheron dans la toile d'araignée
Toile d’araignée

Même le plus petit des moucherons
Fait des mouvements
Il tourne en rond
Et s’échappe tout le temps
Quand on le chasse à tâtons
Il vit
Lui aussi
Comme lui je m’agite
Là-dedans ça cogite
Je tourne en rond
Je me cherche à tâtons
Le temps file
Les questions sont en file
D’attente elles me fixent
Je reste statique
Elles m’écrasent
Comme on fait au moucheron.

C’est pour combien ?

Suspensions
Dessin que j'ai fait au stylo et colorisé via Photoshop
Dessin au stylo

La vie se déroule à la façon
D’un repas au restaurant
On arrive, la table est dressée
On prend l’apéritif
Une entrée suivie d’un plat
Éventuellement un dessert
Et un petit café
Puis on paie.
On remet son manteau
Et on quitte les lieux…
La table est desservie
Et à nouveau dressée
Pour une autre, un autre, d’autres…