C’est le bouquet !

Challenge Ecriture Semaine #4

Challenge d'écriture de Marie Kléber
Challenge d’écriture de Marie Kléber

– T’as vu Manon comme ces fleurs sont jolies, je cueillerais bien un bouquet pour ma mère.
– Bah tu sais que t’as pas le droit, c’est un site protégé comme on dit.
– T’as qu’à faire le guet. Tiens, si quelqu’un arrive, tu tousses fort OK ?
– Ça va pas non, j’ai pas envie de me faire engueuler moi !
– Quelle froussarde j’te jure ! C’est l’anni de ma mère demain et j’ai pas de sous pour lui acheter un truc, allez, sois sympa !
– Non que j’te dis !
– OK, alors prête-moi cinq euros, j’irai chez fourfouille.
– J’ai pas d’argent moi non plus… attends, j’ai une idée, fais-lui un dessin avec ton imagination, ça c’est cool !
– Je sais pas dessiner d’abord et puis j’ai pas très envie, ça prend du temps.
– Moi, c’est c’que je f’rai quand ça s’ra l’anni de la mienne et c’est la semaine prochaine. Fais de l’abstrait, t’as pas besoin de connaître le dessin.
– Ah oui, comme les trucs loufoques qu’on voit à la télé… l’art qu’ils disent.
Elles éclatent de rire et Carla cherche du papier et un crayon dans ses poches.
Des garçons de leur âge arrivent par l’allée située derrière elles. Manon sent une présence et se retourne. Elle fait volte-face vivement en faisant un signe de croix et chuchote à Carla :
– Oh là là, te retourne pas hein mais y a Kévin qui arrive, j’ai tellement peur qu’il me voit !
– Pourquoi ?
– Parce que… parce que je lui ai piqué vingt euros hier dans son blouson pour ach’ter un cadeau à ma mère et j’crois qu’il m’a vu…
Carla la regarde, stupéfaite et choquée. Elle se lève et fonce sur les fleurs en les arrachant presque toutes puis elle part en courant.

Bien plus visible

Challenge Ecriture Semaine #3

Challenge d'écriture de Marie Kléber
Challenge d’écriture de Marie Kléber

Il ne voyait plus qu’en flou artistique. Non pas que sa vue devenait déficiente, c’était son choix. Les contours bien dessinés, les couleurs franches et nettes, les images proprettes et sans équivoque ne l’intéressaient plus. C’était banal.
Alors que d’un bout de truc brouillé, il naissait des formes de toutes sortes et il pouvait créer des personnages dans des histoires et des histoires pour des personnages. Là, il y avait du terreau vitaminé, de la matière pour boyaux de la tête. Alors, il traquait, dans les magazines, internet ou en 3D, tous ces trésors. Et plus il les voyait, plus il contait. C’était devenu sa marotte, son essentiel. Et puis, il s’amusait comme un fou – comme un flou – de faire tourner les autres en bourrique avec ces élucubrations.
Le flou, encore du flou, toujours le flou !